Variations des tensions
Pour qu'une alimentation soit jugée correcte pour notre emploi, elle doit respecter certaines normes ATX, notamment au niveau des écarts admissibles sur la régulation des tensions lorsqu'on demande de la puissance :

Pour chaque alimentation, on fait les relevés de tensions en Idle puis en Full Load pour avoir les variations totales. La Tagan possède un rail 12 V indépendant du rail 5 V et 3.3 V comme bon nombre d'alimentations mais ce n'est pas du True Power avec 3 rails indépendants. Le Pentium 4 tirant sa puissance du 12 V, qui est converti et régulé par l'étage VRM sur la carte mère en Vcore (1.4 V à 1.85 V), la chute de tension sera assez visible sur ce rail :

On s'aperçoit que la Tagan adopte des tensions légèrement plus élevées que la moyenne requise, avec 0.2 à 0.3 V en plus sur chaque tension à faible charge. Ce n'est pas plus mal et ça lui permet, même fortement chargée, de rester proche du 12 V tandis que les autres tensions ne varient quasiment pas. Mais cela peut être aussi une volonté de prévenir une trop forte chute de tension sachant pertinemment qu'on a une régulation un peu moyenne derrière...
La Fortron affiche des tensions correctes à faible charge mais qui s'éloignent un peu plus de la moyenne une fois en charge évidemment. Heureusement elle possède des potentiomètres pour relever un peu les tensions. La Tagan ne possède pas ce genre de réglages à ma connaissance. On note que la Fortron s'avère quand même légèrement meilleure en régulation sur le 12 V (18 A maxi) car l'écart est sensiblement plus faible. Par contre l'écart sur le 5 V est un tout petit peu plus mauvais mais vraiment de trois fois rien (0.02 V). Sans maîtrise la puissance n'est rien © ! Les 2 alimentations sont de toute façon largement dans les conditions imposées par la norme, même hautement chargées. Preuve qu'un PFC actif n'améliore pas les choses à ce niveau là...
A titre d'information, voici les mêmes relevés mais pris sur un logiciel de monitoring comme MBM. L'évolution et les écarts sont presque identiques. Les valeurs des tensions sont simplement décalées par rapport à la réalité à cause d'un manque d'étalonnage et/ou d'une chute de tension dans le circuit de mesure. Il ne faut pas en demander de trop à un circuit qui coûte 3 fois rien :

Consommations électriques
On utilise ici un wattmètre pour avoir accès au déphasage courant/tension qui permet de connaître la puissance réellement absorbée. La seule chose que je ne puisse pas capturer est le rendement de conversion AC/DC car il nécessite un banc de mesure pour recueillir tous les courants. Ce rendement tourne aux environs de 70 % à 73 % à pleine charge selon le constructeur. Les relevés de puissances pour la configuration standard sont ceux-ci :

Les relevés de puissances pour la configuration overclockée sont ceux-ci :

Les consommations ne sont quand même pas négligeables même en Idle car le rendement de conversion chute vers les 60 % à faible charge. La puissance réelle absorbée atteint près de 300 W lorsqu'on overclocke un peu et je suis loin d'être à la limite pourtant, le tout sans avoir un GPU dernier cri...
On remarque tout de suite que la Tagan consomme moins de puissance que la Fortron car cette dernière est connue pour avoir un rendement de conversion moins élevé que la majorité des alimentations. La Tagan permettra d'économiser plusieurs dizaines de watts suivant la charge et donc de l'argent car 20 W de différence sur une année ça commence à faire pas mal ! Le cos phi relevé pour la Tagan est très proche de 1, ce qui montre bien qu'on a à faire à un PFC actif. A noter que ce cos phi varie également avec la charge, un PFC actif ne signifie pas que l'on reste toujours à 0.99 par exemple, encore une légende qui s'en va... Plus on consomme plus le filtre actif de la Tagan est efficace. La correction passive du facteur de puissance de la Fortron a tendance à rester stable par contre.
Si l'on considère, à cet instant, que le rendement vaut 70 %, cela signifie que l'alimentation Tagan aura délivré 274*0.7 = 191.8 W de puissance continue à tous les connecteurs, dont largement plus de la moitié rien que pour le Pentium 4 lors de l'overclocking. La différence qui vaut 82.2 W part en chaleur dans l'alimentation par les radiateurs des MOSFETs principalement. Je ne suis donc pas prêt de saturer l'alimentation qui peut débiter 2 fois plus de puissance du côté continu...
Si l'on calcule le coût moyen à l'année avec une alimentation absorbant 150 W en moyenne et allumée 365/365 jours non stop, la facture annuelle se chiffre à environ 104 € (0.079 €/kWh). Il faut encore ajouter la puissance absorbée par l'écran (~70 W pour un CRT de 17" standard) et les autres périphériques, et encore plus si des logiciels comme SETI ou F@H tournent tout le temps en arrière-plan sur une machine un peu overclockée. EDF vous remercie de votre générosité ;).
C'est l'une des raisons qui fait que surdimensionner à outrance son alimentation est une mauvaise chose au niveau de la consommation électrique notamment. Une alimentation de 550 W, par exemple, travaillera presque tout le temps avec un mauvais rendement car on sera loin de la saturer vu la faible puissance exigée. Ce que vous lui demanderez sera ridicule en comparaison de sa puissance maximale. Si vous privilégiez une alimentation de puissance moyenne (disons 350 W à 400 W) et de qualité reconnue, cela permettra de réduire son coût de fonctionnement (et d'achat) puisqu'elle travaillera plus facilement avec un bon rendement en dissipant moins de chaleur mais sans sacrifier au respect des tensions si elle est bien conçue. Comme dit plus haut, la puissance indiquée sur la boîte ne fait pas tout, loin de là...